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La vache folle, le poulet pollué… l'agriculteur crétin ?



Trois ans après la crise de la vache folle, un nouvel épisode des ratés de l'agriculture concentrationnaire a montré les limites de toute politique nationale et a fortiori européenne visant à garantir la sécurité sanitaire des aliments destinés à animal et à l'homme. Il s'agit du poulet à la dioxine. Certes, personne ne contestera la volonté des gouvernements nationaux, la France en tête, pour garantir la santé des consommateurs, bien qu'encore il s'agisse plus souvent de perpétuer à au moins à niveau égal l'acte d'achat et les revenus subséquents des vendeurs que de réelles préoccupations de santé publique. Mais, le développement d'une l'agriculture sans foi ni loi sauf celle d'airain du libéralisme selon laquelle tout est permis du moment que cela est rentable nous rend interrogatif quand à l'opportunité de continuer à verser à un secteur qui représente 5% du PIB européen 50 % du budget de la Communauté pour une alimentation qui nourrit plus de crainte que de consommateurs.

Il y a fort à parier malheureusement que le poulet à la dioxine soit moins un accident ponctuel qu'une conséquence de plus d'un choix politique visant à préserver une agriculture variant entre une logique de survie pour certains sur fond de désertification et de chômage rural et la volonté d'être présente sur les marchés mondiaux sous prétexte impératif de contribution à la croissance économique collective.

Dès lors que l'agriculture n'est plus simplement nourricière mais également un agrégat économique pour le développement duquel les Pouvoirs Publics admettent les risques sanitaires comme autant de fatalités dont la résorption coûterait plus cher que leur développement, d'autres accidents sanitaires suivront, nécessairement. La présence de métaux lourds (plomb, mercure, cadmium…) dans la chaîne alimentaire comme le relève les études du ministère de la santé au point de conseiller aux consommateurs par exemple de ne pas manger de poissons au quotidien, la brevetabilité du vivant par l'industrie agroalimentaire, l'incertitude quant à l'innocuité des produits contenant des OGM autorisé en dépit du principe de précaution sont aujourd'hui les problèmes de santé publique de demain.


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