Sachant qu'en France un véhicule commercialisé après
le 1er juillet de l'année n bénéficie du
millésime de l'année n + 1 alors dans le reste des pays
européens ces mêmes véhicules continuent d'être
vendus avec le millésime de l'année en cours, que doit faire
un professionnel commercialisant en France les véhicules visés
qu'il a importés d'un pays européen ? les vendre avec le nouveau
millésime, ce qui est une tromperie, ou les vendre avec l'ancien,
ce qui n'est dans l'intérêt ni du vendeur ni de l'acheteur ?
autrement dit, est-il normal que le propriétaire d'un véhicule
acheté à l'etranger ou à un importateur
bénéficient du millésime de l'année en cours
alors que celui qui aura acheté le même modèle au même
moment bénéficiera du millésime de l'anne suivante sous
prétexte qui l'aura acheté son véhicule à un
constructeur opérant en France ?
C'est cette question qu'avait eu a tranché la Cour de Justice des
Communautés Européennes (CJCE). Dans un arrêt du 27 juin
1996 (aff. C-240/95), la CJCE avait considéré que la
réglementation française relative au millésime avait
pour effet d'entraver les importations paralléles de véhicules
automobiles. En effet, l'attribution du millésime dépendant
des déclarations effectuées par le constructeur ou par un
importateur officiel, il s'en suit qu'elle est, de fait, exclue pour les
véhicules faisant l'objet d'une importation parrallèle, lesquelles
sont commercialisées sous le millésime appliqué dans
l'Etat membre duquel ils sont importés, et qui corespond
généralement à l'année civile. Dès lors,
il est certain que la réglementation française est de nature
à nuire à la la vente des véhicules concernées
dans la mesure où, alors qu'ils sont du même modèle que
les autres, ils sont présentés comme correspondant à
une année antérieure et subissent de ce fait, une décote
à la revente ou pour les indemnités dues en cas de sinistre.
La cour d'appel de Metz dans un arrêt du 30 janvier 1997 avait
confirmé la jurisprudence communautaire et appuyé sa décision
sur des arguments de faits dont chacun peut mesurer la réalité
: la réglementation française relative aux millésimes
est de nature à apporter aux consommateurs qu'une information très
réduite et ne leur offre pas de garanties quant à la date de
fabrication des véhicules, ni ne les assure d'une différence
de caractéristiques pour deux véhicules du même modèle
et du même millésime.
Il revenait à la France de tirer les conclusions des décisions
rendues et de modifier sa réglementation de manière à
permettre la libre circulation des produits. C'est chose faite avec
l'arrêté du 26 mai 1997 (J.O. du 3 juin). Dèsormais,
tous les véhicules commercialisés en Europe et vendus en France
peuvent bénéficier du millésime de l'année suivante
à compter du 1er juillet, y compris ceux introduit en France après
avoir été commercialisés dans un Etat de l'Union
Européenne.
En outre, pour éviter les tromperies sur le millésime quant aux véhicules d'occasion, il est fait obligation à tout vendeur professionnel de véhicules automobiles d'occasion de mettre à la dispoition des consommateurss une liste des numéros de série correspondant au début de chaque année-modèle de la marque ou des marques de véhicules qu'il offre à la vente.
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