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C’est le nombre de tués en 1998, soit un mort par heure. Cette mortalité automobile, supérieure à celle de nombreux pays européen provoque tous les ans les mêmes émois lors de la parution de ces chiffres et justifie à chaque fois la politique répressive du moment en matière de sécurité routière Le délit de grande vitesse en constitue le dernier avatar alors même que cette proposition avait été enterrée en 1994. Très bizarrement, si les Pouvoirs publics imputent un accident sur deux à la vitesse et à la consommation d’alcool, penchant « culturelle » hexagonale récuremment évoqué pour mieux combattre les impénitents à coup d’amendes pénales, les causes de l’autre moitiè de la mortalité pointée ressortissent à des facteurs nullement impondérables dont il est fait rarement état car melant tout autant la défection des autorités publiques que le lobby-isme actif de l’industrie automobile, impétrantes réciproques au destin lié économiquement et socialement.

C’est qu’effectivement l’industrie automobile est un moteur de l’économie et également le premier annonceur publicitaire et que toute réflexion visant par exemple à limiter la puissance des véhicules, pour autant d’ailleurs que cette mesure puisse être efficace, ou par exemple à interdire la conduite d’automobile de plus de 100 ch. aux jeunes conducteurs (1825 morts parmi les 18-24 ans) comme en Italie, est vouée aux gémonies au stade même de sa conceptualisation sur fond de chantage à la croissance et à l’emploi. Au contraire, la possibilité de conduire depuis quelques années des motocyclettes de 125 cm3, certes bridés, avec le permis B mais sans apprentissage préalable dont on connait les conséquences en terme d’accident, et la multiplication des publicités pour les véhicules automobiles vantant leur puissance et leur vitesse, au mépris de règles déontologiques édictées par le BVP, sont autant d’exemple de la soumission de la sécurité routière au principe de justification économique en vertu duquel les risques créés par une activité sont à rapporter aux avantages économiques et sociaux de son développement. La croissance a ses principes et la route, ses morts.

Quant à l’Etat et aux collectivités territoriales, les nombreuses taxes sur l’automobile sont les bienvenues sans que les recettes dégagées ou qui devraient l’être au surplus le cas échéant servent à la réfection ou l’amélioration du domaine public routier dont l’état est également un des causes de mortalité qu’il s’agisse des défauts de signalisation, d’éclairage des routes, de son manque d’entretien ou encore, pour les deux roues, la généralisation des équipements routiers tels que rails, murets de séparation. Là encore, le principe de justification économique a ses exigences ; les pseudos solutions et le répressif en lieu et place de la prévention et de l’éducation. Reste à savoir quelle est la politique du pire.


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