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Ca bouge dans les télécommunications



L'horizon 1998 donne des frissons aux opérateurs de télécommunications, à commencer par France Telecom, opérateur "historique" qui jouit d'un monopole de fait et de droit sur la téléphonie vocale depuis 1889. En effet, partir du 1er janvier 1998, chacun pourra choisir son opérateur pour les communications longues distances nationales ou internationales. Quatre concurrents à France Telecom ont été agrées par l'Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) : Cégétel, Bouygues, Siris et Omnicom en attendant d'autres concurrents prochainement.

Dès lors, chacun fourbit ses armes et rivalise d'offres tarifaires et de services à destination des consommateurs afin de bien se positionner avant l'échéance prochaine. Revue de détail.

Tout d'abord, depuis le 1er octobre, les prix des communications téléphoniques ont baissé : en moyenne, 21 % pour l'internationale et 17,5 % au niveau national.

Toujours du côté des bonnes nouvelles, la facture détaillée devient un service gratuit. Mais, il ne sera offert qu'à ceux qui en feront la demande auprès de leurs agences. Ceux qui bénéficiaient de ce service à titre payant ne le paieront plus sans avoir à faire de démarche particulière.

Pour le reste de la réforme tarifaire, c'est plus compliqué et pas forcément plus intéressant financièrement qu'auparavant. Première modification : la tarification à la seconde.

La tarification s'articule autour de l'unité de base téléphonique (1 UT = 0,74 F) pour un nombre n de temps de communication, plus ou moins long selon que l'on téléphone plus ou moins loin, et selon la plage horaire considéré (4 : rouge, blanc, bleu , bleu foncé). Pour les communications locales par exemple, avec 1 UT, vous pouviez jusqu'ici téléphoner 3 mn en période dite normale (rouge), et toute période commencé était due. Depuis le 1er octobre, après une première période indivisible correspondant à une unité de base (le coût de la connexion), la tarification se fait à la seconde (en appel local : 0,47 centimes la seconde en période à tarif normale, 0,23 centimes en période à tarif réduit).Et ce n'est pas forcément bon pour les bavards : les études montrent que les habitués des appels supérieurs à grosso modo 10 mn verront leur facture augmenter de 10 % au minimum à plus de 50 % par exemple pour un communication locale de 72 mn en heures creuses (après 22 h 30).

Deuxième modification d'envergure : la modification des plages horaires. Avant la réforme, il existait 4 plages horaires désignés par une couleur chacune : rouge, la plus cher (de 8h à 12h30 et de 13h30 à 18h la semaine ; de 8h à 12h30 le samedi), blanc avec 33 % de réduction (de 12h30 à 13h30 et de 18h à 21h30 la semaine et de 12h30 à 13h30 le samedi), bleu avec 50 % de réduction (de 18h à 21h30 la semaine, de 13h30 à 21h30 le samedi et de 8h à 22h30 le dimanche et les jours fériés) et bleu foncé avec 66 % de réduction (de 22h30 à 6heures tous les jours). Le nombre des plages est désormais de 2 : les clients bénéficient d'une réduction de 50 % en semaine dès 1 h jusqu'à 8h, et du samedi 12h au lundi 8h ainsi que les jours fériés (tarif dit réduit). Le tarif dit normal s'appliquera, quant à lui de 8h à 19h en semaine et le samedi de 8h à 12h.

Si le système des plages horaires gagne sur ce point de la clarté, il ne fait pas obligatoirement que des heureux : certes, la tranche horaire à 50 % passe de 21h30 à 19h mais exit les coût de fil moins cher passés à l'heure du déjeuner et ceux des noctambules, par exemple les internautes après 22h30. Pour ces derniers d'ailleurs France Télécom a décidé de commercialiser Primaliste Internet, une offre tarifaire qui, pour 10 F par mois leur permet de bénéficier dès 22h et jusqu'à 8 h de 40 % de réduction sur leur numéro d'accès à l'Internet en tarif local. L'heure de communication locale coûte alors 5,23 F au lieu de 8,30 F.

Pour toutes questions relatives à ces nouvelles mesures, un numéro vert et mis à la disposition des clients : 0 800 819 819. Chaque abonné recevra également, avec sa facture d'octobre/novembre prochains, une lettre de France télécom consacrée aux principes de la nouvelle tarification. Cette nouvelle tarification risque d'ailleurs de ne pas la rester très longtemps en ce qui concerne les appels longues distances au regard de la concurrence à laquelle se livreront les opérateurs présents le 1er janvier 1998. Si la baisse des tarifs est une bonne chose, l'hyperchoix auquel seront confrontés les abonnés pourra en dérouter plus d'un. Ne serait-ce que pour choisir l'opérateur tout d'abord : lequel sera le moins cher pour une relation d'un point à un autre ? étant observé que celui qui fera du Béthune/Bayonne le moins cher ne le sera pas obligatoirement sur du Rennes/Strasbourg ; il faudra donc comparer les offres tarifaires des opérateurs en fonction de chaque appel. Pour téléphoner ensuite : la sélection de l'opérateur se fera appel par appel et non par abonnement ; le choix par le consommateur de l'opérateur longue distance se fera en fonction du premier chiffre du numéro qu'il composera, appelée préfixe : s'il fait le 8en tête de son numéro d'appel, il aura France Télécom, s'il compose le 9, il aura Bouygues, s'il tape le 7, ce sera Cégetel.

L'abonné qui continuera d'utiliser le 0 comme préfixe passera automatiquement sur le réseau longue distance de l'opérateur local, soit jusqu'ici et encore pour quelques années France Télécom. Si l'usager se trompe et compose un chiffre qui n'est affecté à aucun opérateur pour l'instant (2, ou le 5 par exemple, le 1 est réservé aux services d'urgence et le 3 au Minitel) son appel continuera d'être acheminé par France Télecom, tout comme les appels depuis une cabine publique, qui sont dans le domaine du service universel.

Cette nouvelle numérotation qui obligera à être attentif avant d'appeler si l'on veut faire quelque économies sur sa facture ne constitue qu'une étape transitoire. Dans quelques années, les français pourront présélectionner leur opérateur comme c'est le cas aujourd'hui pour les téléphonies mobiles. Mais en attendant, bien des points restent à éclaircir : l'abonné qui passe par plusieurs opérateurs pour ses appels aura t-il autant de factures que d'appels ou France Télécom se chargera t-il d'envoyer une facture unique avec plusieurs rubriques en opérant les rétributions nécessaires, comme c'est le cas du Minitel aujourd'hui ? A voir.


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