L'intérêt d'une majorité peut-il primer celui d'un
copropriétaire, ou d'une minorité (et inversement) ?
Base légale : art. 24 à 26 Loi juillet 1965
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L'intérêt d'une majorité peut-il primer celui d'une
minorité ?
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En principe non ; si la règle de la majorité donne le pouvoir
à la coalition la plus importante, le juge peut annuler les abus de
majorité, sur requête du copropriétaire ou du groupe
de copropriétaires lésés.
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En pratique cependant les abus sont favorisés, car non seulement c'est
à la partie lésée d'intenter l'action judiciaire et
de faire l'avance des frais de justice (même s'ils lui sont
remboursés quand elle gagne), mais de surcroît la loi ne
prévoit aucune sanction contre une décision d'une assemblée,
même manifestement abusive ou lésionnaire.
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Rappelons que le Décret de 1967 limite systématiquement le
nombre de voix qu'un seul copropriétaire peut détenir, de sorte
qu'en théorie il ne peut décider seul. Cliquer ici pour
plus de détails.
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Une minorité peut-elle primer une majorité ?
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En principe non, du fait de la règle de la majorité ; en pratique
il peut en aller tout autrement, à l'image de ce qui se passe dans
les démocraties.
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Il est tout-à-fait possible, si un petit nombre, voire un seul
copropriétaire possède un nombre suffisant mais minoritaire
de voix, qu'il devienne indispensable d'obtenir ses voix pour obtenir une
majorité. C'est ce que l'on nomme une minorité de blocage.
Ce propriétaire ou cette minorité acquiert alors un pouvoir
disproportionné avec l'importance de ses voix.
Exemple : A et B représente 35 % des voix, et sont opposés
sur une question. C possède 20 % mais est indécis. Il
représente alors une minorité sans l'accord de laquelle on
ne peut réunir la majorité. C'est lui qui détient, tant
qu'A et C sont opposés, le pouvoir de décision.
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Aucun texte ne permet de contrer une minorité de blocage, sauf à
invoquer le manquement à une disposition légale impérative
ou réglementaire, ou la mise en péril de l'immeuble.
Si la loi a entendu faciliter les prises de décisions par le jeu de
la majorité de l'art. 24 pour les
décisions d'administration courante, elle cautionne dans une mesure
non négligeable un certain immobilisme, surtout quand les
copropriétaires sont divisés. De même, l'absence de sanction
en cas d'abus d'une minorité de blocage revient à favoriser
les gros copropriétaires.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2001