Comment contester une assemblée générale de
copropriété ?
Base légale : art.
24,
25 et
26,
42 Loi 10 juillet
1965
Comment contester une décision de l'assemblée ?
Si la décision a été prise à une
majorité erronnée, vous obteniendrez
du tribunal qu'il fasse se réunir une seconde assemblée pour
qu'il soit procédé à un nouveau vote, mais cela ne vous
permettra pas ipso facto de faire annuler la décision sur le
fond.
Pour pouvoir contester une décision qui a été votée
selon la majorité adéquate, il
faut réunir plusieurs conditions cumulatives :
-
Il faut une décision
Seules les délibérations présentant le caractère
de décision (au sens de l'art.
42 L. 65) peuvent être
contestées. Il faut donc qu'il y ait eu vote ; ne sont pas
décisionnaires les avis, les simples accords de principe, les
décisions ne figurant pas à l'ordre du jour.
-
Il faut pas nécessairement que cette décision vous fasse
grief
Vous pouvez contester une décision pour tout motif, mais vous ne pourrez
obtenir de dédommagement que si une décision vous cause un
préjudice certain, évaluable et direct.
-
Il faut que vous ayez qualité pour agir
Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants
(art. 42 L. 65) peuvent
contester une décision de l'assemblée. Pour contester une
décision il faut donc soit avoir été absent au
vote, soit avoir voté contre. Dans tous les autres cas, approbation
ou abstention, vous ne pourrez plus contester ce qui a été
voté.
(Il est à noter que si vous vous apercevez qu'une décision
vous fait grief une fois l'avoir approuvée, vous pourrez tout de
même demander à être indemnisé, mais vous ne pourrez
vous opposer à ce que la décision soit
exécutée).
Vous devez par ailleurs être copropriétaire au moment où
l'assemblée s'est tenue. Si vous avez acheté un lot peu
de temps après, vous ne pourrez pas, sauf clause expresse de votre
contrat de vente vous subrogeant au vendeur, en contester les résolutions.
Vous pourrez toutefois vous prévaloir de l'illégalité
des décisions par voie d'exception (voir
le contentieux de la
copropriété) (CA Paris, 23e Ch. B, 29 mars 2001).
-
Il faut agir dans un délai de 2 mois
Une fois l'assemblée close, le syndic a 2 mois pour rédiger
le procès-verbal et vous le faire parvenir par recommandé AR.
A compter de la réception de ce procès-verbal d'assemblée,
vous disposez de 2 mois pour en contester le contenu en justice. Ce délai
est impératif et préfix : il ne peut pas être suspendu.
Si personne ne conteste les décisions de l'assemblée
dans un délai de 2 mois, celles-ci deviennent définitives,
mêmes si elles sont irrégulières.
Comment agir ?
Vous devez intenter une action devant le Tribunal de Grande Instance
du lieu de l'immeuble ; elle doit être dirigée contre le syndic,
en sa qualité de représentant du syndicat des
copropriétaires. Vous devrez obligatoirement prendre un avocat, sauf
dans les matières où la loi vous autorise à recourir
à la procédure de référé (plus
économique et plus rapide, mais d'usage restreint aux exceptions
légales et à l'urgence de faire cesser un trouble manifestement
illicite).
Les droits de plaidoirie et frais de justice seront mis à la charge
de votre adversaire si vous gagnez.
Nota : une part important de vos frais d'avocat vous seront remboursés
par votre assureur si vous avez souscrit une clause "défense-recours"
dans votre police multirisque habitation. Vous pouvez ainsi vous assurer
les service d'un avocat spécialisé, en le désignant
à votre assureur. Certaines compagnies (rares) remboursent
intégralement votre avocat, d'autres se contentent d'appliquer un
barême qui s'apparente souvent à celui de l'aide juridictionnelle.
Vous devrez alors régler le solde d'honoraires, à moins de
laisser votre assureur vous trouver un avocat qui accepte de vous défendre
en acceptant d'être payé à hauteur de son barême,
ce qui est à déconseiller si votre affaire est délicate...
Nota : si vous ne disposez pas de revenus importants, vous pouvez faire appel
à l'aide juridictionnelle et
bénéficier d'un avocat payé par l'Etat.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour Tous" - 2001