Puis-je me faire assister de mon avocat à l'assemblée
générale ?
Base légale : art.
22 Loi 10 juillet 1965
Il y a deux possibilités :
-
soit votre avocat siège à vos côtés ; n'étant
pas copropriétaire, il peut être invité à quitter
l'assemblée, qui a le caractère d'une réunion privée.
Si tel est le cas, passez au deuxième cas de figure.
-
soit vous lui avez donné mandat de vous représenter. Nul ne
peut plus, dès lors, s'opposer à ce que votre avocat siège
à l'assemblée. Dans les cas extrêmes, vous pouvez être
contraint par vos voisins ou le syndic de quitter la salle, au motif que
votre mandataire y siège déjà. Cette pratique est totalement
illégale, tout intéressé ayant un droit absolu d'assister
aux réunions concernant son immeuble. Les syndics, surtout professionnels,
qui usent de ces pratiques sont toujours rudement sanctionnés ; certains
y perdent leur carte professionnelle.
On ne saura jamais trop recommander d'utiliser cette faculté, surtout
si vous avez un conflit que vous ne parvenez pas à résoudre
avec les autres copropriétaires ou le syndic.
Certes l'avocat n'est pas gratuit, et les horaires souvent tardifs des
assemblées rendent sa présence onéreuse. Mais gardez
bien à l'esprit :
-
que l'avocat, en tant que professionnel du droit assermenté, peut
témoigner du déroulement et du contenu d'une assemblée
avec une force probante supérieure à tout autre témoignage
de copropriétaire, même s'il s'agit du président du conseil
syndical, ou a fortiori du syndic ; n'hésitez donc pas à recourir
à ses services si vous vous heurtez à la mauvaise foi ou au
mensonge
-
que sa présence peut éclairer les copropriétaires sur
des points de droit litigieux et amener un terrain favorable à une
négociation, vous évitant ensuite de recourir au contentieux
; ceci est particulièrement vrai si des antagonismes personnels forts
paralysent une situation au départ peu conflictuelle. L'avocat peut
alors intervenir utilement comme médiateur.
-
la présence d'un avocat a une vertu tranquillisante, surtout
vis-à-vis de ceux des copropriétaires qui prétendent
tout savoir du droit de la copropriété, et ont pour coutume
d'imposer leur point de vue aux autres
-
que si malgré tous vos efforts vous en arrivez à recourir au
contentieux, la tâche de votre avocat sera grandement facilitée
car, ayant pu assister aux débats et prendre la mesure de la mauvaise
foi de vos adversaires, son exposé des faits aura d'autant plus de
portée devant un tribunal
-
de manière générale, votre avocat peut "sentir" les
points forts et les faiblesses des autres copropriétaires, et ainsi
avoir une compréhension aussi complète possible de votre dossier.
D'expérience, il s'avère que les tentatives de démarches
amiables en assemblée sont rarement fructueuses, les copropriétaires
ressentant la professionnel comme la tentative d'un "passage en force" ;
toutefois, une fois le contentieux ultérieur engagé, les chances
de gain de cause rapide sont spectaculairement améliorées,
du fait notamment que la connaissance d'un dossier acquise sur le terrain
procure un grand avantage face à un confrère travaillant seulement
depuis son cabinet.
© Serge DIEBOLT
- Avocat à la Cour - "Droit pour
Tous" - 2003